Alain PUCCIARELLI


Quinquennat Hollande : fin de partie.

Quinquennat Hollande : fin de partie

Petit précis de désenfumage : faute de vraies réponses, poser de bonnes questions


Le Président de la République a perdu la main. Il n'intéresse plus les Français. Le pays, sans tête reconnue, sinon reconnaissable, n'a plus de cap visible, même si M. Hollande maintient fermement le sien, UE, Euro, donc austérité et politique de classe au profit des nantis (avec à présent le projet de loi El Khomri et le futur traité transatlantique), vassalisation assumée dans le cadre d'une UE emmenée par l'Allemagne, et, ce qui va avec, atlantisme renforcé via le retour plein et entier dans l'OTAN, donc guerres et tensions internationales présentes et à venir. Avec la poursuite de la casse de notre état social et de notre industrie en prime. La crise multiforme dans laquelle s'enfonce la France met en lumière la divergence croissante entre le pays et ses élites, dont M. Hollande et ses ministres. Qui ne restent pas les bras croisés dans leurs dérives mondialistes.


1-Bilan et lamentation


On ne peut pas faire l'impasse sur les signes de la déliquescence du pouvoir politique qui se multiplient, d'autant plus qu'aucun signe ou événement dans l'actualité n'est pour l'heure porteur d'une réponse, fût-elle partielle, aux défis qui s'accumulent.

Le quinquennat Hollande se meurt donc dans une explosion à présent continue, bien qu'encore limitée, de mécontentements et d'initiatives étranges. La société civile et nombre de ses « représentants » affichent de plus en plus les marques d'une fébrilité inquiétante et vaine, qui laisse libre cours aux ambitions personnelles. Nous pourrions ici pointer la déplorable médiocrité des personnels politiques, mais elle n'est que le reflet de la disparition d'un leadership quelconque au sommet de l'Etat. Quand il n'y a plus de patron au sens politique du terme (si il y en a jamais eu depuis 2012 , voire sous le quinquennat Sarkozy), les vassaux s'agitent, aujourd'hui comme hier et seules les forces économiques et financières dictent leurs lois. On peut appeler cela la « reféodalisation » de notre pays, qui accompagne celle du monde et qui explique le Projet Transatlantique.

Après le Grand Guignol des Régionales, qui a permis à certains, dont M. Valls, de jouer la traditionnelle scène «nous ou le chaos », nouvelle station sur le chemin de croix de cette fausse gauche dénudée, démonétisée et très visiblement pas moins à droite que ses « adversaires de droite », la dernière déplorable prestation télévisée du Chef de l'Etat sur France2 renforce donc le sentiment de vide au sommet de l'Etat. Il est aisé en la matière d'évoquer l'éternel duo légalité-légitimité. M. Hollande est légalement président de la République. Il ne l'est plus légitimement si l'on en croit les sondages qui se succèdent, après avoir trahi tous ses engagements et perdu en route l'essentiel de ses soutiens dans le pays.


Et on n'a sans doute pas tout vu d'ici 2017

Il est donc bien naturel que, devant l'absence de perspectives réelles, cette « gauche » en miettes s'engage de manière désordonnée dans des manœuvres de retardement, et que la droite dite républicaine, dépourvue de tout projet alternatif, affiche ouvertement le dérisoire ballet des prétendants.

Côté « gauche de gouvernement », M.Cambadelis annonce que le PS, ou ce qu'il en reste, est finalement favorable aux primaires à gauche. Doit-on s'en soucier ? Ces primaires, du moins leur évocation, permet la (laborieuse) mise sur orbite médiatique de fantasmes attristants, telle l'évocation d'une candidature de l'économiste Thomas Picketty. M. Picketty, compagnon de route du PS, est devenu le hobby d'intellectuels rêvant encore d'une UE supposée réformable, comme si l'existant ne disqualifiait pas ce qu'il faut bien appeler l'  « illusion européenne » qui a accompagné la naissance de l'Union Européenne.

Le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, a lancé lundi 25 avril "Hé oh la gauche!" pour mobiliser l'électorat de gauche en vue de 2017 en défendant le bilan du président. Il va avoir de quoi faire, et devra avant tout s'efforcer d'être audible. Son rôle de porte parole d'un gouvernement désavoué par l'opinion sera en l'occurrence lourd à porter.

Est apparu peu avant dans les médias « le printemps républicain » qui, réunissant bien des caciques réformistes et d'anciens proches de M. Mitterrand, fait mine de s'inquiéter des dérives communautaristes bien réelles à l’œuvre dans notre pays sans en dénoncer au moins les derniers responsables, MM. Hollande, Ayrault, et, au-delà des mots, Valls, (lire mon article « La croisée des chemins ou la croisée des impasses ? ») et sans dire un mot à propos de l'UE dont la fibre multiculturaliste est l'une des caractéristiques, mise en lumière par l'affaire des « réfugiés » qui a quitté la une des journaux mais reste d'une brûlante actualité.

Les partis politiques ne représentant plus grand chose, on assiste à des initiatives informelles qui font l'objet d'une étrange attention de la part des médias, actuellement celle des « Nuit debout »⋅, qui à priori ressemble plus à une crise de rage et à une révolte qu'à une mobilisation politique inscrite dans le temps. Le tout Paris paraît apprécier ce rassemblement qui peut apparaître comme la condamnation vaine et touchante d'un système politique et économique à bout de souffle, mais intraitable sur le fond, dans lequel les citoyens ont été systématiquement trompés, muselés et niés.

C'est l'occasion de faire des discours politicien à propos de la jeunesse sans pour autant nourrir le débat de réelles réflexions de fond sur le marché du travail, sur l'accès à l'emploi, et sur l'emploi lui-même. La seule et vraie réponse de l'establishment à ce désastre social, pour gauche et droite dites de gouvernement, est le projet de loi El Khomri, et la démagogique et dangereuse mise en opposition des « seniors » et des nouvelles générations.

Le pourrissement de la situation autour du projet de loi El Khomri commence à dégénérer en affrontements, suite aux manifestations dans toute la France (auxquelles devaient se joindre les animateurs de Nuit debout), si l'on en croit les infos du 28 avril, ce qui était prévisible. Difficile en effet de casser le droit du travail en fin de quinquennat quand l'exécutif a perdu toute autorité. Choisissant dès le début de son mandat la politique bruxelloise, M. Hollande n'a même pas su être un bon leader de droite en prenant ce type d'initiative en amont. A croire qu'elle lui a été soufflée en catastrophe et qu'il se contente d'obtempérer dans la précipitation.

M. Macron, chéri des médias, s'essaie à présent à l'ambition électorale, dont il affirmait la ringardise il y a peu. Son mouvement « En marche », dont le siège est hébergé par l'un des patrons du Medef, ses déclarations diverses en font un électron faussement libre dans la panique ambiante. Il tient en effet à afficher constamment ses choix néolibéraux en les présentant comme des idées nouvelles. N'est-il pas là pour ça, sa jeunesse se voulant le masque d'idées vieilles comme le capitalisme?

Le hollandisme a clôturé une évolution ancienne dans notre pays. Le PS passe définitivement pour ce qu'il est depuis 1983, un parti de droite.

La « droite républicaine » n'a quant à elle rien non plus à proposer hors l'UE, l'Euro, et l'austérité, comme le PS, la casse du droit du travail. Elle se noie dans le flot des candidatures à sa primaire. Que penser des gesticulations de MMes Yade et Kosciusko-Morizet, sombrant sans ciller dans l'agitation vibrillonnante qui s'est emparée du monde politique ? Faut-il déjà se placer pour de futurs maroquins après 2017 au cas où ?

Cette droite qui partage le même projet antisocial que M. Hollande et ses amis arrivera-t-elle à faire croire que MM. Juppé ou Sarkozy ou Lemaire, ou « etc... » représentent un avenir crédible ?

Et le FN ? On l'entend peu. Ce 1er mai a été l'occasion d'un discours de Mme Le Pen qui veut « apaiser » la France, mais ne dit pas encore comment. La crise morale et politique aujourd'hui serait pourtant un moment crucial pour imposer un cap dans un univers politique qui ne peut vraiment avouer et défendre haut et fort son européisme quand l'UE est en crise, quand l'Euro file tout droit vers une nouvelle crise, et quand la tragédie des réfugiés souligne l'inexistence politique de l'ensemble communautaire.


Le FN roue de secours du système

Il se trouve que le FN n'a pas grand chose à dire, car il n'est lui non plus ni contre l'UE, ni contre l'Euro, ce qu'a déclaré Mme Le Pen lors d'une interview télévisée que l'on retrouve sur le site de l'UPR de François Asselineau. Le FN est donc une supercherie entretenue par ses « adversaires » pour faire croire aux Français qu'il existe une véritable opposition aux politiques menées depuis 1983. Le FN est «une roue de secours du système ». La France avait-elle besoin d'un troisième parti de droite ?

2017 approchant, on sait que M. Hollande, via Mme Ernotte et M. Fields, a mis la télévision publique en ordre de bataille, comme si il pouvait encore espérer une embellie.

Nouvelle manœuvre exemplaire de diversion en date : « La primaire des Français ». Qu'on en juge :

« (...) Pour désigner celle ou celui qui les représentera à la présidentielle de 2017, est organisée la Primaire des Français, au cours de laquelle le peuple dans son ensemble pourra faire entendre sa voix. (…) Parce que l’exemplarité est la clé de la représentativité, les candidats à La Primaire des Français n’ont jamais été condamnés par la justice ; Parce que le renouvellement est un impératif pour aujourd’hui et pour demain, les candidats à La Primaire des Français ne peuvent avoir cumulé plus de 12 ans de fonctions ou mandats politiques nationaux ; Parce que les difficultés se vivent et se règlent en se confrontant à la réalité et que la parole publique est abimée par les promesses et discours sans lendemain, les candidats à La Primaire des Français ont tous connu, pendant 5 ans au moins, la vie en entreprise ou un engagement associatif, social ou éducatif ; La primaire des Français est ouverte à tous. Les Mouvements citoyens ayant initié cette dynamique : Génération Citoyens : Jean Marie Cavada, Cap 21- LRC : Corinne Lepage, Nous Citoyens : Nicolas Doucerain, La Transition : Claude Posternak, Bleu Blanc Zèbre : Alexandre Jardin, Pacte Civique : Jean-Baptiste de Foucauld ». (le texte complet est sur internet)

Quel programme réel en dehors de grands principes sans portée ? Mystère. L'européiste Cavada, ami de l'entreprise (encore un!) montre clairement de quoi il retourne. Une fois encore, des mots, mais on ne touche à rien de ce qui détermine notre avenir. On ne peut pas plus ouvertement prendre les citoyens pour des billes.

La législative partielle de Loire Atlantique démontre par ailleurs en cette fin avril que le premier parti de France est, de loin, celui de l'abstention, avec 73 % des électeurs inscrits, qui frappe l'élection de la nouvelle députée socialiste d'une illégitimité patente, ce qui n'a pas eu l'air d'alerter les médias (voir Les-crises.fr du 2 mai 2016 « A tous les naïfs du vote blanc ») . Au train où vont les choses, on peut donc redouter que le futur chef de l’État souffre du même handicap sans pour cela renoncer à la plénitude de ses pouvoirs constitutionnels.

Mais peu importe, M. Hollande ayant conditionné sa candidature en 2017 au retournement de tendance des chiffres du chômage, comme on pouvait le prévoir les médias annoncent, toujours fin avril 2016, que la situation sur le front de l'emploi s'améliorerait contre toute évidence (lire Jacques Sapir « Chômage: manipulations et mensonges », http://russeurope.hypotheses.org/4901). Des petites voix médiatiques osent avancer que la reprise économique pointe son nez, et nul doute que l'écho de ce mensonge va croître et embellir dans la « grande presse » à l'approche de l'élection présidentielle. Le gouvernement a par ailleurs prévu, les 2 et 3 mai, de rassembler rien moins que 2 000 participants pour un « point d’étape » sur les réformes et chantiers engagés dans l'Education Nationale. Devraient prendre la parole, lundi matin, Vincent Peillon et Benoît Hamon, prédécesseurs de l'actuelle ministre. M. Hamon apparaît à l'occasion comme un opposant déterminé à la politique de M. Hollande! Car au-delà de M. Hollande, c'est sa politique qu'il importe de sauver en tentant de faire croire au prix de n'importe quelle manipulation que le pays se redresse.

Le président de la République veut aussi laisser entendre qu'il pourrait ne pas signer le Traité transatlantique farouchement défendu par Mme Merkel et M. Obama, et ce au moment où il vient de réintégrer la France dans le giron de l'OTAN, ce qui peut laisser hélas encore supposer une basse manœuvre politicienne à visée électoraliste. Le « young leader » Hollande a-t-il encore quelque chose à refuser aux Etats Unis, avec ou sans M. Obama ?


Poser de bonnes questions



Comment en France l'Etat peut-il être à ce point malmené, amoindri par ceux-là mêmes qui le représentent et qui devraient en défendre les prérogatives et les missions, dont la préservation de la souveraineté du pays, conformément à notre Constitution ?

Cette constitution pensée et faite pour le général de Gaulle et sa vision d'une France souveraine sous-tend, depuis M. Giscard d'Estaing, la politique d'un pays engagé dans la « construction européenne », ennemie de l'indépendance des états. Ces derniers délèguent une part grandissante de leurs pouvoirs régaliens à une UE sans légitimité démocratique réelle, et y exercer le pouvoir s'apparente de plus en plus à un travail d'exécutant, à savoir faire appliquer les règles communautaires.

En dehors de l'Allemagne, elle-même très largement inféodée aux Etats Unis, diriger à présent un pays de l'UE revient à faire accepter par sa société les stratégies mondialistes de Bruxelles et la soumission aux ambitions stratégiques US.

On peut donc avancer que les pays de l'UE non dominants, à fortiori si ils sont dans la zone Euro, n'ont plus besoin d'un personnel politique au vrai sens du terme, riche de convictions, soucieux à minima du bien commun et des intérêts bien compris de leur société. Les dirigeants politiques sont à présent là pour « manager » dans le sens du vent oligarchique, qui souffle de Bruxelles, et pas plus. Nous sommes face à une absence de vraies perspectives politiques, les grands partis politiques ayant en gros cessé de représenter le véritable intérêt des citoyens pour favoriser celui des dominants.

L'effondrement des exigences pour accéder aux fonctions de direction qui découle de ce qui précède induit des ambitions subalternes, et une compétition pour les places et les revenus qui passe par la course à la notoriété. Nous y sommes.

Quand M. Obama vient en Grande Bretagne dire tout le mal qu'il pense du « Brexit », se mêlant ainsi de la politique intérieure d'un état indépendant et du devenir de l'UE sans susciter de lever de bouclier, la messe est dite.

Il est donc urgent, au-delà du prurit qui agite notre microcosme parisien et aux formes de mécontentement non abouties, fussent-elles parfois légitimes, d'en revenir à des fondamentaux, et de poser de bonnes questions.


-UE et Euro : pour ou contre ?

A tout seigneur tout honneur. Entré en vigueur en 1993 , le traité de Maastricht, qui doit tant aux élites françaises, a donné définitivement naissance au monstre technocratique que nous connaissons. Sa caractéristique est d'imposer, via la BCE et la Commission, des politiques austéritaires définies sans l'aval des sociétés concernées. Ces dernières, lorsqu'elles s'expriment pour dire leur refus de telles politiques, sont ignorées, voire désavouées comme en France avec le traité d'Amsterdam. Qui parle encore de la récente consultation électorale qui, aux Pays bas, a conduit une nette majorité à s'inscrire contre la politique de Bruxelles à la faveur d'un référendum sur l'accord d'association entre l'UE et l'Ukraine, mettant en principe en cause l'existence même de cet accord, à l'origine de la guerre civile qui a éclaté aux frontières de l'UE ?

Prétendre proposer un discours politique destiné à convaincre les électeurs de 2017 sans aborder la contrainte « européenne » (l'UE et la zone Euro ne se confondant pas avec l'Europe) est mentir et manipuler ses auditeurs.

Prétendre évoquer le drame du chômage sans parler des délocalisations liées à la liberté de mouvement des capitaux (réalisation chère à Jacques Delors), à l'absence de protections douanières de l'UE et à la mise en concurrence des membres de l'Union européenne entre eux, également.

Tout comme prétendre parler du droit du travail et du projet de loi El Khomri sans mentionner l'exigence de Bruxelles d' « assouplir » le droit du travail pour conformer la France à la stratégie antisociale de l'UE qui se vérifie dans tous les secteurs économiques.

Car il est impossible aujourd'hui, quoiqu'on en pense par ailleurs, de conjuguer devenir politique économique financier et militaire sans faire mention des liens étroits qui nous lient à un ensemble oligarchique et atlantique qui ne se cache même plus et dont les ennemis premiers sont les droits sociaux et l'indépendance des états.

On peut en effet être d'accord avec la régression sociale, la perte de souveraineté ou l'inclusion dans l'OTAN sans pour cela se satisfaire d'une propagande éhontée qui cache les enjeux réels. Pourquoi ne pas ouvertement défendre ces derniers si le projet est avouable et porteur d'un avenir profitable à tous? Chacun jugera.


-Démocratie, pour ou contre ?

Le problème de la démocratie en France, est intimement lié à celui de la souveraineté et de l'information des citoyens.

. Il faudra bien reparler du Traité d'Amsterdam, illégitime, qui traduit dans les faits le mépris du vote « non » des Français lors du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen.

. On n'oubliera pas non plus la trahison de ses engagements électoraux par M. Hollande le lendemain même de son élection en 2012 (Lire « L'étrange capitulation » de Laurent Mauduit sur le sujet).

. On demandera à nombre de ceux qui nous parlent d'avenir et quêtent notre adhésion à leurs ambitions personnelles les raisons de leur silence à propos de la seule réalité qui nous contraint vraiment, nous ôtant toute liberté d'action, le poids de l'UE et de l'Euro. (sur le sujet, site UPR François Asselineau et site Russeurope, Jacques Sapir)

. On soulignera la gravité de l'état du monde médiatique en France, domaine privilégié des grands oligarques intégrés à la mondialisation et à ses « bienfaits », et de la mise au pas de la majorité de nos journalistes grands et petits priés dans le public et dans le privé de nous servir quotidiennement le brouet de la bienpensance par écrit, à la télévision et sur les radios.

. Et il faudra bien mettre en cause l'héritage idéologique des trente dernières années, qui a indûment fait du droitdelhommisme et du sociétal des marqueurs de gauche, au détriment du social et du droit du travail, dont l'épisode El Khomri souligne l'importance première dans la stratégie de l'UE et de nos dirigeants et responsables économiques, qui ont choisi le grand large.

. Il sera également nécessaire de compter les vrais partisans de la souveraineté qui ne sont pas toujours ceux qui font mine de la défendre sous les cris d'orfraie de la grande presse et de s'interroger sur les orientations de notre politique étrangère.


Une lueur d'espoir aux Etats Unis ?


Et oui, pour une fois, les Etats Unis recèlent sans doute des signes encourageants, mis en lumière par la course à la présidence outre atlantique. Un candidat personnalise ce tournant, Bernie Sanders, qui peut sur le moyen terme bouleverser la donne politique dans son pays, source et moteur de cette terrible mondialisation, qui a appauvri tout autant la société US que les sociétés européennes, et qui a de même largement enrichi une minorité des deux côtés de l'atlantique au détriment de l'emploi et des revenus là-bas comme ici. Les classes moyennes y sont comme chez nous lentement laminées. On peut sur le sujet lire sur le blog de Paul Jorion, ttp://www.pauljorion.com/hblog/ en date du 19 avril l'article « Quand la campagne de Bernie Sanders crée un nouveau monde social et politique nord-américain !, par Yorgos Mitralias

Le spectacle d’un candidat à l’investiture du Parti démocrate qui s’arrête devant un piquet de grève et prend la parole pour soutenir la lutte des grévistes est suffisamment rare pour qu’il ne passe pas inaperçu même par les medias des États-Unis. Ceci est donc arrivé le lundi 11 avril à Times Square à New York, le piquet de grève était de 40.000 travailleurs du géant des télécommunications Verizon, en grève pour obtenir la convention collective refusée obstinément par le patronat, et le candidat était – évidemment – Bernie Sanders. Coup de pub électoral ? De la démagogie ? Du « populisme » ? Rien de tout ca, tout simplement cohésion et continuité d’une vie passée aux cotés des travailleurs. D’ailleurs, la dernière fois que Sanders avait fait exactement la même chose c’était il y a seulement quelques mois, en octobre dernier, à un autre piquet de grève, toujours a Manhattan… »

Nous en restons en France à des remous, tout réel débat étant efficacement verrouillé. On peut légitimement penser que cette mise sous le boisseau de la colère montante des Français pourrait se terminer très mal.

On doit évidemment condamner un système politico-économique qui se défend férocement avec tous ses immenses moyens, mais il serait temps que l'UE cesse d'être un rêve pour beaucoup d'entre nous, ou une opportunité, ou bien un objet réformable, et que l'on décline clairement une mise à plat des implications très concrètes de la construction européenne sur notre présent et sur le devenir de nos enfants. On ne parle pas ici du problème des « réfugiés », mais Schengen est aussi un bon sujet d'analyse pour qui veut comprendre dans quel monde réellement nous vivons.

Les citoyens doivent prendre leur part de responsabilité dans la formulation d'un avenir décent. Ils ne pourront pas le faire sans s'organiser solidement pour affronter un système lui-même parfaitement organisé et armé pour survivre. Quand la partie est finie, elle peut recommencer. Ca tombe bien, tout reste à faire.


§§§

Nuit debout est un ensemble de manifestations d'ordre politique, régulières (quotidiennes dans certaines villes) se déroulant sur des places publiques en France d'abord, puis dans différents pays. Il commence, le 31 mars 2016 à Paris (place de la République), après une manifestation contre la « loi travail ».

Ce mouvement social, pluriel, se propose de construire une « convergence des luttes ». Sa revendication initiale, le refus de la « loi travail », s'élargit à la contestation globale des « institutions » politiques et du système économique.

Organisé en commissions (coordination, logistique, accueil et sérénité, communication, ), les prises de décisions se font par consensus lors d'assemblées générales (démocratie directe et participative).

Sans leader ni porte-parole, Nuit debout reprend les codes des mouvements tels que ceux, en 2011, des Indignés en Espagne ou d'Occupy aux États-Unis.


Alain PUCCIARELLI - MAI 2016      


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